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Bilingues à l’écrit comme à l’oral 24 novembre 2014

Posted by Acturca in France, Immigration, Turkey / Turquie.
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La Montagne (France) lundi 24 novembre 2014, p. Riom-16

Géraldine Messina, Riom

Un cours d’Enseignement de langue et culture d’origine (Elco) turc au collège M.-de-l’Hospital. Une fois par semaine, le collège Michel-de-l’Hospital ouvre ses locaux pour un cours de turc.

Atilla ? Burada ( Bourda ) ! Fadime ? Burada ! Mehmet ? Demet ? Burada ! Une dizaine d’élèves répondent à l’appel de Musa Ergün, leur professeur d’Elco (*) turc. Une fois par semaine, le lundi après les cours, il les retrouve au collège Michel-de-l’Hospital, à Riom, qui leur ouvre ses portes pour une heure de pratique non-stop. Les élèves ont entre 8 et 15 ans, un de leur parent est turc et tous, ou presque, parlent turc à la maison. S’ils viennent après l’école suivre ce cours c’est pour le parler mieux encore, et puis surtout le lire et l’écrire.

Pour l’alphabet pas de problème : c’est l’alphabet latin, merci Atatürk, mais ici et là il y a bien quelques variantes, des trémas et des associations des lettres qui changent la prononciation.

Chacun a son livre, son fichier d’exercices, et colle dans un cahier les fiches que Musa Ergün distribue. Ce jour-là, il est question des jours de la semaine, des mois et des saisons.

À côté de Kimya, la plus jeune du groupe, je m’accroche et essaye d’enregistrer les subtilités de la prononciation. Une plongée en apnée dans la langue turque. Chacun doit lire une question et y répondre. Musa Ergün corrige la prononciation, principal écueil pour les élèves, la compréhension, elle, suit plutôt mieux. Pazartesi (lundi) arrive avant sali (mardi), yaz (l’été) précède sonbahar (l’automne), jusque-là tout va bien.

Je saisis aussi que le complément s’intercale entre le sujet et le verbe, mais il faudrait que je puisse retirer son point au i et ajouter une cédille au s de Kis , (l’hiver) pour rendre parfaitement compte de la prononciation qu’à défaut j’enregistre comme quiche Qu’on me pardonne, le turc c’est encore du chinois pour moi, mais Tesekkür ederim (merci) de m’avoir reçue !

 

« Bien apprendre sa langue maternelle est une chance »

Musa Ergün a été recruté par l’ambassade de Turquie pour dispenser ces cours de turc.

Comment en êtes-vous venu à enseigner le turc en France ?

Je voulais être professeur de français dans mon pays et j’ai étudié la littérature française pour cela, mais il n’y avait pas de poste. Je suis devenu instituteur. En 2000, on m’a proposé un 1 er contrat de 5 ans pour enseigner le turc aux enfants d’origine turque en Fance. Je suis allé en Moselle. J’ai signé un nouveau contrat en 2011, après 3 ans dans le Jura, me voici en Auvergne. Je donne des cours à Riom, à Thiers, à La Monnerie et à Vichy.

Quelles sont vos missions ?

La plupart des élèves parlent turc mais ils ne le lisent pas ni ne l’écrivent. Je dois rattraper ce décalage. S’ils lisent bien, ils écriront bien, car en turc on écrit ce qu’on prononce. Mais la prononciation est parfois difficile. Et puis je parle de la culture turque. Le 10 novembre, c’était le jour anniversaire d’Atatürk, et je leur ai parlé de sa vie.

Comment êtes-vous accueilli ?

Apprendre correctement une langue ouvre des perspectives aux élèves, et plus tôt ils étudient, meilleurs ils deviennent en langue vivante. En étant bons en turc, ils auront aussi plus de chances d’être bons en français et de maîtriser les codes des deux pays. Pour les familles de la première génération qui ne souhaitaient pas forcément rester en France, ces cours sont le signe que la Turquie ne les a pas abandonnés et qu’être Turc n’est pas un problème, puisque cela se passe au collège. Les élèves reçoivent même une certification à l’issue du CM2 et de la 3 e qui atteste de leur assiduité et d’un certain niveau en langue. Dans les établissements, cela se passe toujours bien et comme je parle bien le français, cela facilite aussi les échanges.

 

Question à Kuddusi Kaynak
15 ans

Quand as-tu commencé les cours d’Elco turc ?

À 9 ans. C’est mon enseignante de l’école Maurice-Genest qui m’en a parlé et mes parents ont tout de suite été d’accord. Je parlais turc à la maison, mais ils voulaient que je sache aussi lire et écrire en turc. Au départ, l’alphabet était difficile car tout ne se prononce pas comme on l’imagine. Maintenant ça va, je lis en turc, je regarde les chaînes de télévision turques. Pour moi c’est une bonne chose. J’apprends aussi l’anglais et l’espagnol au collège et plus tard, je voudrais être architecte.

 

Elco quesaco ?

Un dispositif national. Les Enseignements de langue et de culture d’origine (ELCO) ont été mis en place dans les années 1970, afin que les enfants issus de l’immigration gardent leurs racines culturelles. Ils concernent neuf pays : l’Algérie, La Croatie, l’Espagne, l’Italie, le Maroc, le Portugal, la Serbie, la Tunisie et la Turquie. Dans le Puy-de-Dôme, il y a des cours de turc, d’arabe et de portugais.

Quel cadre ? Ces cours sont gratuits et dispensés « en dehors du temps scolaire » sous « l’autorité de l’Education nationale dans l’esprit de l’école républicaine et laïque ». Les professeurs sont recrutés et payés par le pays d’origine.

Pour qui ? Pour les élèves dont l’un des parents est de la langue maternelle concernée. Dans la limite des places disponibles, les cours sont ouverts à d’autres élèves intéressés par l’étude de la langue.

(*) Avec Jean-Michel Gouraud, conseiller pédagogique en langues vivantes à l’Académie de Clermont.

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