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La Turquie, alliée fidèle contre le terrorisme 29 septembre 2014

Posted by Acturca in France, Middle East / Moyen Orient, Turkey / Turquie.
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Le Figaro (France) no. 21817, lundi 29 septembre 2014, p. 22

Hakki Akil

Loin de soutenir l’EIIL, comme beaucoup l’en accusent, Ankara lutte contre cette organisation barbare, plaide l’ambassadeur de Turquie en France.

Le monde, et notre région en particulier, traverse une période dramatique. Les pays voisins de la Syrie et de l’Irak, telle la Turquie, mais aussi d’autres pays alliés, géographiquement plus éloignés, sont sous la menace directe d’une organisation terroriste particulièrement dangereuse parce qu’extrémiste et fanatique.

Cette organisation revendique de façon totalement abusive l’appellation d’État islamique. Elle n’est en fait, comme l’a rappelé à juste titre le président Hollande, ni un État, ni une entité représentative de l’Islam. Quelle que soit l’abréviation utilisée, Daech ou EIIL, le caractère sanguinaire de cette organisation terroriste ne change pas.

Les observateurs internationaux s’accordent pour dire que l’EIIL a largement bénéficié de la situation de non-droit qui s’est installée en Syrie à la suite des massacres perpétrés par le régime d’el-Assad. Tout indique que l’organisation en question a été créée et soutenue par les services secrets de Damas, dans leur tentative d’anéantir l’opposition syrienne modérée et démocratique.

Pour notre part, nous restons persuadés que si une action militaire, telle que la souhaitaient notamment la Turquie et la France, avait pu être menée pour mettre fin à l’utilisation d’armes chimiques par le régime d’el-Assad, l’EIIL n’aurait pas trouvé le champ libre pour son développement.

La crise en Syrie a été vécue par la Turquie comme une double menace. Menace pour sa propre sécurité. Mais aussi menace pour les populations civiles de la région : elle a accueilli plus de 1,5 million de réfugiés. Et voici que, fuyant les massacres de l’EIIL, s’ajoutent plus de 130 000 Kurdes syriens et 60 000 yazidis d’Irak, arrivés en Turquie ces derniers jours. La charge économique que constituent tous ces malheureux s’élève à plus de 3,5 milliards de dollars, dont seuls 150 millions sont pris en charge par la communauté internationale.

C’est depuis 2013, soit bien avant de nombreux pays occidentaux, que la Turquie considère l’EIIL comme étant une organisation terroriste, responsable des actions menées à partir de la Syrie. La menace s’est tristement concrétisée pour elle par la prise en otages de 49 membres de son Consulat général à Mossoul. Ils ont pu être libérés après 101 jours de captivité grâce à une opération menée par les services de renseignements turcs.

Pourtant, au lieu de se féliciter de ces 49 vies épargnées, les médias internationaux n’ont eu, apparemment, qu’une préoccupation : découvrir comment, et contre quels gages, cette opération de sauvetage avait pu être réalisée. Une telle réaction n’a pas été observée après l’échange de plus de 1 000 prisonniers palestiniens contre la vie du soldat israélien Gilad Shalit, ou après la libération récente de trois journalistes français. L’horrible assassinat d’Hervé Gourdel est venu rappeler à tous combien il est difficile de combattre le terrorisme sans rien céder quant aux principes.

Je précise donc que la Turquie n’a versé aucune rançon et n’a pris aucun engagement vis-à-vis de l’EIIL pour obtenir la libération de ses 49 otages. Alors pourquoi cet acharnement, pourquoi cette campagne de désinformation à son propos ? Pourquoi ces hypothèses calomnieuses sur un soutien de la Turquie à l’EIIL ? Il me semble que certains commentateurs et analystes étrangers, dont la bonne foi reste à prouver, sont à la recherche d’un bouc émissaire. Les mêmes ne vont-ils pas jusqu’à se poser des questions sur l’appartenance de la Turquie à l’Alliance atlantique… Or, s’il est un pays qui a eu à subir les conséquences les plus dures de l’action terroriste de l’EIIL, c’est bien la Turquie. Émettre de tels soupçons, c’est commettre une injustice inacceptable.

La politique de la Turquie depuis le début du printemps arabe n’a pas varié d’un pouce : basée sur les grands principes d’humanité, elle accompagne les aspirations démocratiques des populations contre les régimes totalitaires, aussi bien en Afghanistan qu’au Moyen-Orient, en totale harmonie avec ses alliés de l’Otan.

La Turquie n’a jamais montré et ne montrera jamais la moindre indulgence face aux actions terroristes de l’EIIL et des autres groupuscules affiliés à al-Qaida. Elle a toujours fait bloc avec la coalition des pays amis et alliés dans cette lutte vitale. Le président Erdogan a récemment confirmé la possibilité d’apporter un soutien militaire aux opérations contre l’EIIL.

L’action de la Turquie contre l’EIIL ne se limite pas à sa contribution à la coalition. La coopération avec les pays alliés pour empêcher leurs ressortissants de joindre l’EIIL ou de retourner commettre des actions terroristes dans leurs pays est aussi très importante. La liste des individus interdits d’entrée en Turquie comporte aujourd’hui plus de 6 000 noms. Mille personnes suspectées d’être des combattants étrangers ont été expulsées par les autorités turques depuis 2011.

Le récent cas du vol Istanbul-Marseille a montré qu’il peut se produire des couacs dans la communication entre les autorités de nos pays. Il y a donc des améliorations à apporter. À cet égard, les autorités turques sont prêtes à une totale collaboration avec leurs homologues français.

Je dois cependant souligner ici que nous n’avons malheureusement pas rencontré le même esprit de coopération dans notre lutte contre le terrorisme du PKK (responsable de 30 000 morts en Turquie), ou contre le terrorisme arménien d’Asala (coupable de l’assassinat de 34 diplomates turcs). Les criminels ont pu trouver et continuent à trouver refuge dans les pays européens. Faire une distinction entre les terroristes suivant leur appartenance religieuse ou ethnique, ou leur objectif final, c’est se condamner à ne jamais gagner cette lutte. Rien ne peut, rien ne doit justifier l’assassinat de civils, ni les attentats aveugles commis dans les centres urbains.

La Turquie a toujours été un membre fidèle de l’Otan pendant la guerre froide. Elle l’est encore dans le combat contre toute sorte de terrorisme. C’est pour cette raison qu’elle copréside avec les États-Unis le Forum global de lutte contre le terrorisme. Elle continuera d’assumer pleinement ses responsabilités dans ce domaine particulièrement sensible.

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