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La Turquie tient sa revanche sur l’Europe en s’approchant de la Russie 25 septembre 2014

Posted by Acturca in Economy / Economie, EU / UE, Russia / Russie, Turkey / Turquie, Turkey-EU / Turquie-UE, USA / Etats-Unis.
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La Tribune de Genève (Suisse) jeudi 25 septembre 2014, p. 13

Thomas Thöni, Zurich

La Turquie veut quadrupler ses exportations agricoles vers la Russie. La Turquie, rejetée depuis des années par l’Union européenne (UE) qui n’en veut pas comme membre ordinaire, est en train de sortir gagnante des tensions entre le Vieux-Continent et la Russie à cause de l’Ukraine. Alexei Ulyukayev,ministre russe du Développement économique, indiquait la semaine passée lors d’une visite d’Etat à Istanbul que la Russie et la Turquie étudient la possibilité de signer un accord de libre-échange complet, ou sectoriel, par exemple concernant les produits agricoles. Les unions douanières existant entre la Russie, le Kazakhstan et la Biélorussie d’une part, et entre la Turquie et l’UE, d’autre part, ne seraient pas un obstacle à un tel rapprochement.

La Turquie prévoit de quadrupler ses exportations de nourriture vers la Russie. Les volumes pourraient passer de 1,2 milliard de dollars en 2013 à 4 milliards de dollars (3,77 milliards de francs) en 2015, indique Zechariah Mete, président de l’Association turque des exportateurs de produits de consommation, selon l’agence russe TASS.

Depuis le 8 août, la Russie a lancé un embargo pour répondre aux mesures de rétorsions prises par l’UE et ses alliers. Elle n’importe plus de viande, de produits laitiers, de fruits, de légumes et de préparations alimentaires de l’UE, des Etats-Unis, du Canada, de l’Australie et de la Norvège. La valeur des produits alimentaires européens touchés par cet embargo se monte à 6,11 milliards de francs.

Ce rapprochement n’a pas laissé indifférent les Etats-Unis. Ils voient d’un mauvais œil que la Turquie, membre de l’alliance occidentale de l’OTAN, fraye à ce point avec la Russie. Penny Pritzker, secrétaire d’Etat américain au Commerce, se rendra la semaine prochaine en Turquie et en Pologne pour identifier des opportunités commerciales et d’investissements avec ces pays.

Les entreprises européennes n’entendent pas non plus se laisser damer le pion aussi vite par des pays non touchés par l’embargo russe. Certaines n’hésitent pas à réétiqueter leurs produits dans un pays non soumis à l’embargo. Ils arriveraient en Russie en provenant soi-disant du Maroc, du Kazakhstan ou de la Biélorussie.

Et la Suisse? «Rien n’interdit les producteurs suisses de produits agricoles et alimentaires de profiter de l’embargo russe sur les pays de l’UE», n’en faisant pas partie, confirme Antje Baertschi, cheffe de la communication au SECO. La Suisse s’interdit simplement de promouvoir activement, par des mesures étatiques, les exportations vers la Russie. Pour l’instant, l’Administration fédérale des douanes (AFD) «ne constate aucune augmentation inhabituelle des exportations de produits agricoles et alimentaires vers la Russie sur le mois d’août»,indique Hans Bürgi, collaborateur à l’AFD. «Mais il faut attendre deux à trois mois pour en être vraiment sûr; les déclarations d’exportations sont parfois enregistrées plus tard», dit-il encore. Les exportations suisses du mois de septembre seront publiées le 21 octobre.

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