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Aucun pays pouvant jouer les médiateurs ne s’impose 21 juillet 2014

Posted by Acturca in France, Middle East / Moyen Orient, Turkey / Turquie, USA / Etats-Unis.
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Le Figaro (France) no. 21758, lundi 21 juillet 2014, p. 4

Marc Henry, Jérusalem

Une véritable bataille diplomatique fait rage à propos d’un futur cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. Deux camps s’opposent : l’Égypte a avancé une proposition acceptée par Israël, soutenue par les États-Unis et la France, mais que les islamistes palestiniens rejettent résolument. Le Qatar, appuyé par la Turquie, a lui aussi présenté un plan reprenant l’essentiel des exigences du Hamas, ce qui a incité Israël à le repousser en expliquant qu’il n’était pas question de « récompenser les terroristes en leur faisant des cadeaux » . La situation est donc bloquée faute d’une entente minimale sur un médiateur.

La recherche d’une porte de sortie est en outre compliquée par différents règlements de compte. L’Égypte est bien décidée à faire payer très cher au Hamas sa filiation avec les Frères musulmans, devenus la bête noire du régime du président al-Sissi. Le commentateur de la radio publique israélienne Chico Menache a relevé un paradoxe, en constatant que les propositions du Caire vis-à-vis du Hamas étaient « plus dures que celles d’Israël » . Les Égyptiens suggèrent un arrêt des combats, puis l’ouverture de négociations sur un allégement du blocus, imposé aussi bien par Israël que l’Égypte, qui condamne la bande de Gaza à l’asphyxie économique. Le Caire insiste aussi pour que Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne et dirigeant du Fatah, le grand rival du Hamas, reprenne pied dans la bande de Gaza, dont il a été évincé de force par le Hamas en 2007, en prenant le contrôle du poste frontière de Rafah reliant le sud de la bande de Gaza à l’Égypte.

À l’inverse, le Qatar reprend à son compte les revendications du Hamas – la levée du blocus maritime, la construction d’un port et d’un aéroport dans la bande de Gaza, et la reconnaissance de la légitimité du pouvoir exercé par les islamistes dans cette région. Khaled Mechaal, le dirigeant du Hamas, a immédiatement accepté ce scénario de même que le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, qui s’est livré à une diatribe anti-israélienne. « Ils (les Israéliens) maudissent Hitler jour et nuit, mais ils l’ont surpassé dans la barbarie » , a-t-il lancé. Avigdor Lieberman, le ministre israélien des Affaires étrangères, a aussitôt dénoncé ces « propos incendiaires » et annoncé que la représentation diplomatique israélienne à Ankara serait réduite « au minimum » , tout en appelant les Israéliens à éviter d’aller en vacances en Turquie, une de leurs destinations préférées.

Dans de telles conditions, les États-Unis se sont rangés du côté égyptien. John Kerry, le secrétaire d’État, après plusieurs récents faux départs pour la région, pourrait y arriver dans les prochains jours. Il a été précédé par Laurent Fabius qui, après une tournée en Jordanie, en Égypte et en Israël, s’est déclaré samedi « profondément alarmé » par l’absence de cessez-le-feu tout en soulignant que la France soutenait la proposition égyptienne. Lui aussi mobilisé, Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, doit arriver demain en Israël, pour tenter de mettre fin aux violences. Une mission qui ne s’annonce pas de tout repos.

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