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L’OTAN et la Russie se narguent en mer Noire 9 juillet 2014

Posted by Acturca in Russia / Russie, Turkey / Turquie, USA / Etats-Unis.
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Le Temps (Suisse) mercredi 9 juillet 2014

Alexandre Lévy, Sofia

En réponse à l’exercice « Sea Breeze 2014 » de l’Alliance atlantique au large des côtes bulgares, Moscou a déclenché des manœuvres navales sans précédent dans la mer Noire. Un face-à-face militaire inédit depuis la chute de l’Union soviétique.

De passage à Sofia, lundi, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov n’a pas manqué de rappeler ces « profonds liens d’amitié et de sympathie » qui, depuis des siècles, unissent son pays à la Bulgarie. Mais à quelques centaines de kilomètres de là, sur les côtes de la mer Noire, l’heure n’était plus à ces douces paroles sur la fraternité slave mais à une confrontation navale inédite depuis la fin de la Guerre froide.

La tension est montée d’un cran dès vendredi dernier, avec le début des exercices annuels « Sea Breeze 2014 » de l’OTAN au large de Bourgas, le principal port bulgare du sud de la mer Noire, qui sera jusqu’au 13 juillet le QG des forces alliées. Ces manœuvres, pourtant prévues de longue date, ont pris un relief particulier à la lumière de l’annexion russe de la Crimée – une péninsule vue comme le « verrou » militaire de la mer Noire.

Les sites spécialisés ont ainsi dénombré plusieurs bâtiments de guerre occidentaux qui ont franchi au petit matin le détroit du Bosphore, dont l’imposant croiseur américain porte-missiles Vella Gulf. Ajoutés aux deux navires chargés du renseignement électronique, l’italien Elettre et le français Dupuy-de-Lôme, qui, depuis la mi-juin, croisent le long des côtes ukrainiennes, ils constituent une « impressionnante armada ennemie », selon la presse russe.

Cette concentration navale a immédiatement provoqué une réponse de Moscou. Pas plus tard que vendredi après-midi, le Ministère de la défense a annoncé le début d’ « exercices de grande envergure » ad hoc de la Flotte russe, précisant que ces derniers se tiendraient sur « l’ensemble de la superficie aquatique de la mer Noire » . Le nombre de bâtiments engagés – une vingtaine -, la participation de l’aviation ainsi que de plusieurs unités de fusiliers marins sont un signe de l’importance que le Kremlin a voulu donner à l’opération. « Toutes nos unités agissent dans des conditions d’engagement proches d’une confrontation réelle », a affirmé une source militaire à l’agence Itar-Tass.

De fait, les deux blocs militaires seront, là aussi pour la première fois depuis des décennies, dans une situation de contact immédiat. Et non sans danger. « C’est une véritable guerre des nerfs, estime l’expert russe Vadim Ponomariov. Vu l’ampleur de ces exercices et la proximité des protagonistes sur un périmètre aussi petit, les risques sont réels. Un missile qui dévie de sa trajectoire, ou un sous-marin ennemi qui tarde à s’identifier, peut rapidement mener à une escalade militaire entre la Russie et l’Occident. »

Cette tension en mer Noire n’est pas une vue de l’esprit. Le 12 avril dernier, le destroyer lance-missiles américain Donald Cook a été littéralement harcelé par un chasseur bombardier russe qui aurait réussi à brouiller son système de défense antimissile Aegis – un fait d’armes commenté avec beaucoup d’ardeur dans les forums militaires. Pratiquement au même moment, le ministre bulgare de la Défense, Anguel Naïdenov, a dû reconnaître que la modeste chasse bulgare multipliait les décollages d’urgence pour aller intercepter et reconduire hors de l’espace aérien du pays des avions espions russes. Enfin, la présence ostensible de deux bâtiments de guerre russes, l’Admiral Levchenko, spécialisé dans la chasse des sous-marins, et le navire espion Liman, en face des côtes provençales a été clairement une réponse du berger à la bergère suite aux activités de renseignement du Dupuy-de-Lôme au large de l’Ukraine.

Mais ce sont surtout les pays riverains de la mer Noire qui s’inquiètent du retour du « grand frère russe » . Historiquement opposée à la Russie, la Turquie a multiplié les opérations en mer. Redoutant un scénario criméen en Moldavie, Bucarest a appelé à un « repositionnement » des forces de l’Alliance atlantique dans la région. Point de passage stratégique pour les hydrocarbures, constellée de « conflits gelés » – ou ardents, comme en Ukraine -, cette mer quelque peu oubliée par Bruxelles constitue depuis 2007 la frontière orientale de l’Union européenne.

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