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La pression à la baisse devrait s’accentuer sur la devise turque 11 juin 2013

Posted by Acturca in Economy / Economie, Turkey / Turquie.
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Les Echos (France) no. 21454, mardi 11 juin 2013, p. 10

Nessim Ait-Kacimi

La livre turque a mieux résisté aux troubles que la Bourse. Mais le pays s’accommoderait très bien d’une monnaie plus faible.

Les manifestations en Turquie n’ont eu jusqu’ici qu’un écho assourdi sur le marché des changes, comme en témoigne le repli limité de la livre turque depuis le début des troubles. Sa baisse de 6,2 % par rapport au billet vert depuis le début de l’année, elle la doit, comme beaucoup d’autres devises émergentes, au regain de vigueur généralisé du billet vert. Un réveil du dollar qui a exposé au grand jour les vulnérabilités des autres devises émergentes, telle la livre. Celle-ci souffre de nombreux maux : surévaluation, inflation élevée, déficit courant… Hier à 1,90 livre par dollar, soit un repli de 1,4 %, la devise pourrait corriger jusque vers 2 livres par dollar si l’engouement pour le billet vert reprend durablement.

D’ailleurs, « la Turquie est le plus engagé de cette zone dans la « guerre des changes » [la course généralisée à l’affaiblissement des monnaies, NDLR] », expliquent les stratèges de HSBC. Ce pays noté 8 sur 10 pour ses penchants « guerriers », ne serait pas vraiment incommodé par la poursuite du recul de sa devise, si tant est qu’il ne dégénère pas en crise de confiance généralisée à l’égard des actifs turcs. « La banque centrale est parvenue par le passé à stabiliser la valeur nominale de sa monnaie mais pas son taux de change effectif réel, qui a continué de progresser, et qui est son véritable objectif. Avec une inflation supérieure à celle de ses partenaires commerciaux, la pression à la hausse sur le taux de change va continuer, ne laissant d’autre choix à la banque centrale que d’intervenir par différents moyens pour essayer de faire plier sa devise », estiment les experts de la banque britannique. Autrement dit, d’avoir recours à des hausses des taux, des interventions sur le marché…

Capitaux étrangers

Depuis l’été 2009, le pays a enregistré une centaine de milliards de dollars d’afflux de capitaux en provenance de l’étranger – soit 6 % de son PIB, venus s’investir sur la dette d’Etat et profiter de rendements attrayants. Un mouvement encouragé par les augmentations de la note ou « rating » du pays cette année et son inclusion dans un grand indice obligataire international. En comparaison, la Bourse turque n’a attiré que 30 milliards de dollars sur la même période de la part des non-résidents, bien moins que la Corée, l’Inde ou le Chili. « La pression à la baisse sur la livre pourrait se poursuivre, les incertitudes politiques conduisant à des sorties de capitaux. Si la volatilité et la baisse de cette devise sont excessives, la banque centrale pourrait intervenir pour soutenir la confiance des investisseurs et éviter que le dollar ne dépasse le niveau des 2 livres », estime Bernd Berg du Credit Suisse.

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