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L’impossible adhésion 11 mars 2013

Posted by Acturca in Middle East / Moyen Orient, Turkey / Turquie, Turkey-EU / Turquie-UE, USA / Etats-Unis.
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Presseurop.eu, 11 mars 2013                                                                English  Türkçe

Öztin Akgüc, Cumhuriyet (Turquie)

Membre de nombreuses organisations régionales et internationales, la Turquie ne l’est toujours pas de l’UE avec laquelle elle négocie depuis les années 60. A-t-elle laissé passer sa chance pour se contenter de n’être qu’un supplétif de la politique américaine au Moyen-Orient ?, se demande un éditorialiste.

Depuis le début des années 60, la Turquie a le projet d’adhérer à l’Union européenne. Lorsque ce processus a commencé, cette union portait le nom de Communauté économique européenne et ne comptait que six membres. Aujourd’hui, la Turquie est toujours dans des pourparlers d’adhésion avec une Union européenne qui compte 27 membres et qui en accueillera bientôt un vingt-huitième avec la Croatie [le 1er juillet prochain].

Par ailleurs, la Turquie est également membre depuis 1969 de l’Organisation de la conférence islamique et de la Banque islamique de développement. La Turquie fait partie de toute une série d’autres organisations internationales telles que l’OCDE, l’Organisation de coopération économique de la Mer noire (BSEC), à la fondation de laquelle elle a activement participé. Elle est évidemment membre de l’OTAN et fait, pourrait-on dire, de l’œil à l’Organisation de coopération de Shanghai.

On pourrait estimer dans ces conditions que la Turquie se trouve au cœur de la politique mondiale. Qu’en est-il vraiment ? Je suis en tout cas de ceux qui ont estimé qu’il était évident dès le début que la Turquie ne pourrait pas adhérer à l’Union européenne.

Une blague politique

Quelle que soit la façon dont vous envisagez l’union ou l’intégration, il faut que ces concepts répondent à des valeurs communes. Dès lors que l’Estonie, la Lituanie, la Roumanie et la Bulgarie font partie de l’UE et que la Croatie devrait y être très prochainement intégrée, on peut se poser la question : pourquoi la Turquie ne deviendrait-elle pas aussi membre de cette Union ?

Selon moi, les raisons qui expliquent que ces pays sont devenus membres de l’UE sont avant tout politiques. Ainsi, au début des années 90, au moment de la dislocation de l’URSS et de la fin du Comecon [l’organisation économique du bloc soviétique], on a considéré qu’il serait nécessaire de regrouper ces pays dans une structure pour les empêcher de retomber dans la zone d’influence de Moscou.

Cette structure s’est avérée être l’Union européenne, et cette politique fut encouragée par l’administration Clinton. La Croatie, proche de l’Allemagne, a joué un rôle déterminant dans l’éclatement de la Yougoslavie. C’est la raison pour laquelle j’estime qu’elle a vraiment bien mérité sa place dans l’Union européenne. A contrario, il n’y a pas de raison politique qui pourrait justifier une adhésion de la Turquie à l’UE. Et même si la Turquie fait de l’œil à l’Organisation de coopération de Shanghai, même si elle prétend que cela pourrait constituer une alternative, nul n’ignore que ce ne serait pas possible. Certains considèrent d’ailleurs que c’est une blague politique.

Sous-traitante des États-Unis

En réalité, le rôle politique dévolu à la Turquie est celui d’une sous-traitance, pour le compte des Etats-Unis, au Moyen-Orient. Le manque de conscience politique dans de larges franges de la société, la dimension du personnel politique turc, la qualité des médias, les capacités et le niveau de nos hommes d’affaires et de nos fonctionnaires contribuent malheureusement à limiter la Turquie à cet exercice de second rôle.

Ne nous leurrons pas avec des termes qui flattent notre égo tels que co-président [allusion à la co-présidence de la Turquie au projet de Grand Moyen-Orient lancé par George W. Bush, aujourd’hui abandonné mais très critiqué par les milieux nationalistes turcs], mais voyons la triste réalité.

J’utilise le terme de sous-traitance au second degré parce que je n’en trouve pas d’autre, dès lors qu’Israël bénéficie déjà d’un traitement largement préférentiel. Tant que la population n’aura pas développé une meilleure conscience de sa citoyenneté, ces auto-appréciations creuses et sans fondement continueront d’être énoncées sans que la situation ne change.

Traduction : Pierre Vanrie

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