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Poutine et Erdogan se mesurent sur la Syrie 3 décembre 2012

Posted by Acturca in Energy / Energie.
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Le Figaro (France) no. 21255, lundi 3 décembre 2012, p. 8

Pierre Avril, Correspondant à Moscou

Le président russe effectue une visite officielle à Ankara, qui craint une agression de Damas.

Le premier est l’un des plus fidèles alliés de Damas. Le second appelle à la chute du régime syrien. Vladimir Poutine effectuera aujourd’hui une visite officielle en Turquie, où il rencontrera le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan.

Au vu de l’évolution des hostilités, débordant des frontières du pays – plusieurs obus tirés depuis la Syrie ont frappé samedi une ville turque sans faire de victimes -, l’entrevue entre ces deux acteurs clés du conflit s’annonce tendue. Ankara a officiellement demandé à l’Otan de déployer des missiles Patriot le long de la frontière turco-syrienne afin de protéger son territoire contre toute agression venue du sud. Ce qui signifie le déploiement en Turquie d’environ 400 soldats de l’Alliance. Pour la Russie, qui condamne, par principe, toute intervention étrangère en Syrie, cette opération représente « un pas évident dans l’implication de l’Otan dans le conflit syrien ». Elle menace d’« aggraver la situation régionale » ainsi que sa propre sécurité, ajoute Moscou.

Coopération économique étroite

L’épisode rappelle le lancinant conflit russo-américain autour du projet de déploiement, par Washington, de systèmes missiles en Europe orientale, destiné à contrer une menace iranienne. Mais, pour leur part, Ankara et Moscou cherchaient ces derniers jours à déminer le terrain. « À défaut de réconcilier les positions, ces discussions devraient améliorer notre compréhension réciproque », a expliqué le conseiller de Vladimir Poutine, Youri Ouchakov, qui parle de « nuances » plutôt que de divergences. Le Kremlin appelle à « oublier » l’incident qui l’avait opposé à Ankara, mi-octobre, lorsque les forces aériennes turques, soupçonnant des livraisons d’armes, avaient intercepté un vol de la Syrian Airlines reliant Moscou à Damas. L’Otan, à son tour, s’est efforcée de convaincre la Russie du caractère « strictement défensif » du déploiement des Patriot. « Si la Russie, qui a les cartes en main, affiche une position plus positive, cela pousserait l’Iran (grand allié de Damas, NDLR) à réexaminer à son tour la situation », espère le chef du gouvernement turc, Recep Tayyip Erdogan.

La coopération économique russo-turque est si étroite que les deux hommes devraient chercher à se ménager. La Turquie est une pièce majeure dans le système de distribution du gaz russe vers l’Europe, notamment avec le gazoduc South Stream, dont la construction débutera le 7 décembre. Entre janvier et novembre 2012, le commerce bilatéral a progressé de 14 %, atteignant près de 20 milliards d’euros. « Poutine a plus intérêt à se concentrer sur les liens économiques qu’à chercher un point de friction avec les Patriot », résume Stanislav Tarassov, professeur à l’Université MGueou. D’autres experts, plus critiques, dénoncent le caractère « erratique » que prendrait ces derniers mois la diplomatie poutinienne.

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