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Istanbul, de galeries en ateliers 5 avril 2012

Posted by Acturca in Art-Culture, Istanbul, Turkey / Turquie.
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Courrier International (France) n° 1118, 5 avril 2012, p. 48               English

Suzy Hansen, The New York Times

Quand on est un artiste jeune et talentueux, c’est là qu’il faut être. Visite guidée d’une ville en pleine renaissance, en compagnie d’une journaliste américaine qui y vit depuis cinq ans.

L’imposant bâtiment vieux de 120 ans qui avait abrité le siège de la Banque ottomane à Istanbul a rouvert ses portes au début de l’hiver. Après plusieurs millions de dollars de travaux, il accueille désormais un centre d’art contemporain, le SALT Galata. Cela n’a pas manqué de surprendre. L’art contemporain n’a jamais été le fort des Turcs, et cela faisait belle lurette que les Stambouliotes aisés ne mettaient plus les pieds dans cette partie de la ville. Lorsque je me suis installée dans le quartier il y a cinq ans, il n’y avait que des magasins de matériel électrique, des bâtiments à l’abandon et des hommes en train de fumer. Mon immeuble n’était pas chauffé ; mes amies n’osaient pas s’aventurer après la tombée de la nuit ; un jour, un de mes voisins en a agressé un autre avec un petit sabre. Je ne vois plus de sabre à Istanbul. En revanche, je vois beaucoup plus d’art qu’auparavant. Pour la grande soirée d’inauguration, en novembre dernier, l’exposition phare présentait des milliers de vieilles photographies en noir et blanc prises par une photographe de studio arménienne aujourd’hui décédée et agencées avec soin par le jeune artiste Tayfun Serttas. On pouvait aussi voir une installation de Gulsun Karamustafa, la doyenne de l’art contemporain en Turquie.

Mais l’espace écrasait l’art. L’immeuble était trop majestueux avec ses cinq étages et ses 10 000 mètres carrés de marbre blanc sculpté. Commissaires d’exposition, banquiers, architectes d’intérieur, écrivains, musiciens, universitaires, artistes et épouses fortunées gravissaient le grand escalier en tendant le cou pour admirer le plafond. Ils étaient bouche bée devant la magnifique bibliothèque, la somptueuse salle de projection, la terrasse-fumoir qui fait aussi restaurant. La masse imposante du SALT dominait la Corne d’Or et les toits délabrés en contrebas.

Il s’avère qu’Istanbul, passée de ville cosmopolite de rêve au xixe siècle à “pâle et pauvre imitation de ville occidentale” durant la majeure partie du xxe siècle, pour reprendre les termes du Prix Nobel de littérature Orhan Pamuk, est en pleine renaissance. Ces nouveaux quartiers branchés de l’Est paraissent pleins de promesses, mais quel genre de culture créeront les Turcs ?

Istanbul a sans doute encore ses plus belles années devant elle, mais c’est une ville excitante quand on est jeune et talentueux. Un soir d’été, je me trouve en compagnie d’un groupe de jeunes femmes dans une taverne. A l’issue du dîner, elles remettent du rouge à lèvres et partent à une soirée qui se tient non loin du SALT Beyoglu. En chemin, elles s’arrêtent pour acheter une bouteille de raki (l’alcool national) et des cigarettes. Le soir, surtout par temps chaud, Istiklal Caddesi, la grande artère piétonne de la ville, grouille de monde. Bras dessus, bras dessous, les femmes tentent de se frayer un chemin dans la foule pour accéder au Rumeli Han, un immeuble de la fin du xixe siècle qui respire une grandeur passée, défraîchie, avec ses escaliers de pierre noircis et ses plafonds délabrés. Quelques marches plus haut, après le local du Parti communiste, de la musique sort d’un atelier d’artistes. La table et le sol sont jonchés de bouteilles et de cannettes de bière, un tas de chevalets sont appuyés contre un mur. Les filles se versent du raki dans de minuscules tasses en plastique et s’asseyent avec leurs amis.

“C’est devenu un lieu de rendez-vous, m’explique un galeriste. Il alimente la scène underground.” Dans une salle tout en longueur, une quarantaine de personnes assistent à une performance du collectif Ha Za Vu Zu. Le public, âgé de 20 à 30 ans, écoute en silence assis par terre. Plusieurs filles ont un look rétro, avec leurs coupes de cheveux des années 1940 et leurs pantalons cigarettes. Les garçons, longs cheveux noirs bouclés, sont en tee-shirt. Une jolie fille en robe bain de soleil me glisse une invitation dans la main. “Je fais ma première expo !”, m’annonce-t-elle. C’est à Arter, un espace ­d’exposition en vogue. “Cela me ferait plaisir que vous veniez.”

Les artistes se mettent alors à danser sur de vieux morceaux de rock turc. Ils esquissent une version moderne de la danse turque traditionnelle, hommes et femmes évoluant en couples, bras écartés. Voici apparemment un endroit où l’on peut se lâcher en toute sécurité. Tout le monde s’est déchaussé. Au bout de quelques heures, le visage ruisselant de sueur, les hommes se mettent torse nu, crient, rient, tapent des pieds. Une femme décide, elle aussi, d’ôter le haut.

“On s’amuse comme des petits fous”, rigole Yasemin Nur, une artiste de 35 ans qui participe à la soirée en compagnie de Gözde Ilkin. Toutes deux sont membres d’AtilKunst, un collectif d’artistes femmes. “On se croirait dans la cour de récré. Mais on est très sérieux. Tout le monde travaille dur.”

Dans ce pays musulman conservateur de 80 millions d’habitants, les artistes exercent une influence négligeable sur la vie sociopolitique nationale. Mais un jour ou l’autre, ils parviendront à exporter la culture turque contemporaine dans le monde. Ils ont grandi dans une période de liberté et de prospérité relatives. Ils forment une élite artistique et ont davantage en commun avec leurs homologues d’autres pays qu’avec leurs compatriotes.

La plupart de ces artistes vivent à présent à Beyoglu, l’ancien quartier européen, longtemps resté dans un état de délabrement assez fascinant. Les élites ne s’y aventuraient pas la nuit. Avec le boom de l’économie turque, les échoppes à kebab se sont spectaculairement muées en cafés européens, les immeubles squattés en hôtels design, tandis que les loyers élevés ont repoussé les pauvres à la périphérie de la ville. Des galeries d’art ont surgi dans les endroits les plus inattendus. Les nouveaux riches et la vieille élite se sont rendu compte que les gens fortunés se devaient de collectionner de l’art. C’est ainsi que le marché de l’art s’est envolé.

Les jeunes artistes ont un peu profité de cet afflux d’argent. Je suis allée voir le travail de Gözde Ilkin quelques mois plus tôt, à la galerie artSumer, dans le Rumeli Han. Son exposition s’intitulait “Refuge : chœur de voix de l’intérieur”. Ilkin avait cousu des silhouettes – de jeunes mariés, de danseurs – sur de vieux draps et rideaux à motifs qu’elle avait dénichés dans les placards de sa famille. Les silhouettes étaient inspirées de scènes qu’elle avait vues sur de vraies photos. Dans une autre œuvre, “Rideau : ils dormaient quelque part en nous”, qui plaisait visiblement aux visiteurs, de minuscules chars, hélicoptères et soldats se cachaient parmi les fleurs orange et marron d’un rideau. “Tout a été vendu avant même l’ouverture au public”, se félicite le propriétaire de la galerie, Asli Sumer. “Vous voyez ? Ça, c’est la folie Istanbul !” me lance Patrick Legant, un consultant d’art international qui a travaillé dix ans chez Sotheby’s, à Londres, et qui vit en Turquie depuis quelque mois. Des artistes comme Ilkin, 31 ans, voient s’ouvrir des perspectives que n’avaient pas les générations précédentes : quelques semaines après le vernissage de l’exposition d’Ilkin, l’une de ses œuvres s’est vendue 12 000 dollars chez Sotheby’s, à Londres – c’était la troisième vente que la maison d’enchères consacrait exclusivement à l’art turc.

Les artistes sont bien conscients qu’il se passe quelque chose dans cette partie du monde longtemps négligée. “Il y a un marché désormais, souligne Yasemin Nur. C’est lié à la dernière crise économique, Istanbul est devenue la ville branchée, elle est choisie comme ville branchée. Le système a besoin d’une ville branchée. Après, ce sera au tour de Beyrouth, puis d’un autre endroit, ailleurs.”

Le cœur de la scène artistique stambouliote s’est formé dans les années 1980 et 1990 grâce aux efforts de quelques personnalités : des commissaires d’exposition comme Ali Akay et Beral Madra, l’artiste Halil Altindere, le directeur du SALT, Vasif Kortun. La plupart des artistes vous diront que ce dernier, âgé de 53 ans, est le père du monde de l’art à Istanbul. En 1998, Kortun est rentré de New York, où il dirigeait le musée du Center for Curatorial Studies, du Bard College, et a ouvert à Beyoglu un petit bureau, l’Istanbul Contemporary Art Project, qui allait devenir la plaque tournante de la scène artistique stambouliote. Puis, avec le soutien financier de la banque Garanti, il a créé Platform Garanti, un espace d’exposition où étaient également archivés des livres, des catalogues et des textes critiques. Platform a fermé ses portes en 2007, et Kortun et la banque Garanti ont ouvert le SALT Beyoglu et le SALT Galata en 2011.

“Istanbul est superficielle”

“Nous voulions depuis longtemps créer un endroit à Istanbul où l’on pourrait se documenter sur le passé, explique Kortun. Il n’y a pas de bilan qui a été fait de la génération conceptuelle des années 1980, parce que ces artistes n’étaient pas cotés sur le marché. Beaucoup ont connu des moments difficiles, leur travail n’intéressant pas grand monde. Aussi, nous procédons à la numérisation de l’ensemble des archives.” Cette indifférence a duré bien au-delà des années 1980. Les intellectuels turcs attribuent l’absence, à Istanbul, d’une solide culture moderne et contemporaine à l’histoire mouvementée de la ville – en particulier le passage sans transition de l’Empire ottoman à un Etat laïc et moderne. Même après la fondation de la république en 1923, la Turquie a connu beaucoup de troubles violents : Seconde Guerre mondiale, génocides des Arméniens et des Grecs, guerre civile toujours en cours contre les Kurdes, trois coups d’Etat militaires. Mais il y a une raison supplémentaire à l’absence d’une culture turque cohérente.

“Istanbul est superficielle, déplore Kortun. Ce n’est pas un centre intellectuel. C’était une vieille ville peuplée de Grecs, d’Arméniens et de Juifs. Les Arméniens en étaient la colonne vertébrale intellectuelle. La ville a perdu ses poumons au début du xxe siècle. Peut-être plus que ses poumons. Le xxe siècle a été un siècle perdu pour cette ville.” Le cliché du “pont entre l’Orient et l’Occident” idéalise le passé légendaire de Constantinople, avant l’émergence de l’Etat turc répressif. C’est pourquoi on a parfois l’impression que les artistes stambouliotes, même s’ils s’intègrent aujourd’hui à la communauté internationale, regardent aussi en arrière pour mieux se connaître. “Ce n’est pas une révolution”, précise Kortun, en parlant de la création actuelle. “C’est une correction.”

La communauté artistique d’Istanbul a suffisamment changé pour que des artistes turcs établis à Londres, à Berlin ou à Amsterdam rentrent au bercail. J’ai rencontré Ali Kazma à Arter, le centre d’art dont le président est Omer Koç, l’un des collectionneurs les plus sérieux et les plus respectés du pays. Kazma, un vidéaste de 40 ans, est revenu de New York il y a douze ans. Il est heureux d’être de retour à Istanbul. “D’abord et avant tout parce que c’est un pays jeune, et une ville jeune” (la moitié de la population turque a moins de 30 ans). “Cela joue sur les mentalités. On peut se permettre de faire des erreurs quand on est jeune. On peut prendre des risques.”

Parler d’art jusqu’à l’aube

Mais les écueils ne manquent pas. Nombre d’artistes s’inquiètent de l’afflux d’argent des entreprises – l’Etat turc ne finance guère de projets artistiques. Tout le monde se plaint de la pénurie de critiques d’art, et du fait que les choses bougent trop vite, sans aucune réflexion. Il y a dix ans, les gens parlaient d’art jusqu’à l’aube, se souvient Tayfun Serttas, l’artiste exposé au SALT Galata. “Nous traitions de tout à un niveau bien plus intellectuel et conceptuel.”

Et avec l’intérêt soudain pour l’art turc à l’étranger, beaucoup pensent que les artistes pourraient être tentés de s’orientaliser pour répondre aux exigences du marché. Ils en veulent pour preuve une récente huile hyperréaliste de Taner Ceylan, l’un des peintres turcs à succès du moment. On y voit une femme ottomane voilée, debout et le dos tourné au célèbre tableau de Courbet L’Origine du monde, qui montre une femme nue les jambes écartées. Pour plus d’un artiste turc, l’œuvre de Ceylan est symptomatique d’une fâcheuse tendance orientalisante. Elle a été adjugée pour 370 000 dollars chez Sotheby’s.

“Cela ne m’intéresse pas d’être étiqueté comme un artiste de telle partie du monde, confie Kazma. Maintenant qu’il est mal vu pour un artiste occidental d’avoir un point de vue orientaliste, ce sont les artistes non occidentaux qui s’y mettent. Moi, je refuse de faire ça.” En réalité, l’art contemporain turc couvre toute la gamme des supports et des thématiques. Pour certains, l’art turc n’a rien de spécifiquement turc. Il ressemble beaucoup à ce qui se fait dans les pays occidentaux, au grand désarroi des spécialistes internationaux en quête d’exotisme. En quoi consiste la vraie culture turque ? Ce ne sont en tout cas pas le harem ni le fez, d’origine ottomane.

Kutlug Ataman, l’artiste turc le plus connu dans le monde, souligne un autre point faible. Ce vidéaste et cinéaste a quitté son pays à l’adolescence, juste après le putsch de 1980, avant de rentrer définitivement à Istanbul il y a une petite dizaine d’années. A l’occasion de la rétrospective que lui a consacrée le musée Istanbul Modern en 2010, un critique britannique avait dit de lui : “C’est l’un des rares artistes au monde dont j’irai voir le travail où qu’il soit exposé.” Pour les Turcs, toutefois, cela a sans doute été la première occasion de découvrir son travail : un autoportrait vidéo en travesti exécutant une danse du ventre ; quatre vidéos projetées simultanément où des femmes expliquent pourquoi elles portent une perruque ; l’interview d’une vieille Arménienne qui s’efforce de retrouver ses souvenirs. Ataman est sceptique sur l’art qu’il voit à Istanbul. “Il s’agit en très grande majorité d’imitations de gestes occidentaux, New York et Londres étant les références.” Le vidéaste doute que les artistes se soient connectés à la vraie source de leur inspiration, alors que c’est ce qu’ils ont à offrir au monde. Il évoque un incident survenu en 2010 : un groupe d’hommes avait agressé le public d’une galerie d’art qui était sorti dehors, un verre à la main. Certains ont justifié cet épisode en disant que les galeries contribuent à l’embourgeoisement du quartier et que les habitants se sentent envahis et exclus. Mais pour beaucoup d’autres, les agresseurs étaient des religieux traditionalistes ne supportant pas le mode de vie qui s’étalait sous leurs yeux : femmes légèrement vêtues, homosexuels, art, alcool. Dans le centre d’Istanbul, les deux Turquie s’affrontent, reproduisant à échelle réduite une fracture planétaire : Occident et Orient, riches et pauvres, gens à l’aise et gens en colère. Pour Ataman, cet affrontement est représentatif de la “Turquie réelle”. “Si les artistes ici réussissent à l’exprimer dans leur travail, ils seront en avance sur le reste du monde. Parce que le monde, c’est ça. Ce désert.”

Le boom artistique d’Istanbul ne durera pas éternellement. La crise économique en Occident et l’instabilité politique en Orient ont infléchi un peu le marché, indiquent les galeristes. Plus important encore, peut-être : une majorité des acheteurs d’art turc sont des Turcs. Et certains de ces nouveaux collectionneurs ne sont pas de grands connaisseurs. C’est un problème pour des galeristes comme Sylvia Kouvali, 30 ans, dont la galerie, le Rodeo, qui représente des artistes turcs réputés ainsi que des grands noms internationaux, est de l’avis de nombreux observateurs étrangers la plus intéressante de la ville. Kouvali, qui est grecque, réalise 90 % de ses ventes dans les foires internationales. Les collectionneurs turcs n’apprécient pas toujours ses artistes.

Récupérer le passé

Comme le montre l’incident relaté par Ataman, ce n’est pas toujours facile d’être galeriste dans un quartier traditionnel. Le Rodeo a ouvert ses portes il y a six ans, à Galata, en face de la boucherie Irmak, d’un coiffeur pour hommes et d’un salon de thé dont les clients, tous des hommes, fument en observant d’un regard appuyé la foule bigarrée des visiteurs de galeries. Un soir, à un vernissage de Gulsun Karamustafa, la foule du Rodeo est sortie fumer dehors pour ne pas enfreindre les nouvelles lois antitabac, mais est retournée boire à l’intérieur, pour ne pas heurter les voisins. Depuis l’agression contre les galeries, des policiers en civil assurent la protection des soirées de vernissage. Mais cette fois, Kouvali avait oublié de les prévenir. Un homme baraqué, vêtu comme un danseur de breakdance des années 1980, est entré dans la galerie et a montré sa carte. “Vous ne nous avez pas appelés”, a-t-il dit d’un air peiné. Il faisait un drôle de policier en civil, même si, dans ses efforts pour se fondre parmi les visiteurs habillés avec originalité, il ne ressemblait absolument pas à un Turc. Son collègue, en sweat Adidas, est entré après lui. “Nous sommes ici pour vous protéger”, a-t-il annoncé d’un ton grave. La “vraie” Turquie prend souvent la forme d’une police paternaliste. Mais Kouvali est attachée à Istanbul et à la communauté qui s’est créée autour du Rodeo et qui s’étend du Caire à New York.

J’ai rencontré l’une des artistes de Kouvali, Banu Cennetoglu, dans un atelier à deux pas d’Istiklal. Elle travaille avec la photographie et les livres. Elle a longtemps vécu à Paris et à New York. “C’était difficile ici de savoir ce qu’on valait”, se souvient-elle. Cennetoglu dirige à présent un espace appelé BAS, dans le quartier de Karaköy, où elle expose sa bibliothèque de livres d’artistes. L’un de ses derniers projets en date a été de publier l’œuvre d’un artiste arménien dont elle avait déniché une bande dessinée dans une librairie d’occasion. Auparavant, il n’existait rien de comparable à BAS dans le pays.

En 2010, Cennetoglu a organisé une table ronde sur le travail de Koridor, un collectif d’artistes en activité de 1988 au milieu des années 1990. Peu d’artistes turcs en avaient entendu parler, mais beaucoup se souviennent de l’importance qu’a eue pour eux l’événement. “La table ronde reconnaissait l’existence de groupes d’artistes dans l’histoire récente, souligne Cennetoglu. C’est important de ne pas les ignorer.”

Ses projets reflètent un mouvement qui se dessine actuellement dans la communauté artistique : récupérer le passé, créer sur des bases solides. A la différence des vieux peintres turcs modernistes exclusivement tournés vers l’Occident, les artistes d’aujourd’hui ont aussi envie de savoir ce qui les a précédés. Ils éprouvent, consciemment ou non, un besoin impérieux de découvrir et de consolider une vraie culture contemporaine propre à la Turquie.

 

Les lieux où ça se passe

La vie artistique stambouliote se déroule pour l’essentiel sur la rive européenne du Bosphore, dans l’arrondissement de Beyoglu, entre le quartier de Karaköy (aussi appelé Galata) et Istiklal Caddesi, la grande artère commerçante et piétonne.

A Karaköy

  • Le centre d’exposition SALT Galata (saltonline.org) Bankalar Caddesi 11
  • La galerie artSümer (artsumer.com) Kemankes Mah. Mumhane Caddesi-laroz han 67
  • La galerie Rodeo (rodeo-gallery.com) Lüleci Hendek Caddesi 12
  • L’espace BAS (b-a-s.info) Necati Bey Caddesi 32/2
  • Le musée d’art contemporain Istanbul Modern (istanbulmodern.org)
    Dans un ancien entrepôt, sur les quais situés derrière la mosquée Nusretiye.
    Meclis-i Mebusan Cad. Liman İsletmeleri Sahasi Antrepo n° 4.

Autour d’Istiklal

  • Le centre d’exposition SALT Beyoglu (saltonline.org) Istiklal Caddesi 136
  • L’immeuble Rumeli Han, Istiklal Caddesi 96
  • L’espace d’exposition Arter (arter.org.tr) Istiklal Caddesi 211

A signaler aussi la Biennale internationale d’art contemporain d’Istanbul. Organisée depuis 1987 par la Fondation Istanbul pour la culture et les arts, elle figure parmi les manifestations internationales les plus prestigieuses. La prochaine édition aura lieu à l’automne 2013 (bienal.iksv.org/en).

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