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Yachts taillés sur mesure en Turquie 23 septembre 2009

Posted by Acturca in Economy / Economie, France, Turkey / Turquie.
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Sud Ouest (France), Mercredi 23 Septembre 2009

Philippe Baroux

Depuis neuf ans, le Français Jean-Marie Jegoux construit des yachts de luxe. Son idée a fait école en Turquie, à Antalya, autrefois creuset du textile.

Invité d’honneur

La Turquie est le pays invité du Grand Pavois, qui ouvre ses portes aujourd’hui et les refermera lundi prochain. Ses 8 333 kilomètres de côtes séduisent, chaque année, des milliers de visiteurs, ses chantiers navals sont parmi les plus réputés au monde. Entourée des mers Noire, de Marmara et Égée, la Turquie est aussi une destination renommée pour ses Croisières bleues, des embarquements avec équipages sur des « gulet », bateaux en bois de construction traditionnelle.

Où est donc passé l’accent de son Béarn natal ? Tel le galet dans le lit du gave, son roulement de R s’est poli à l’étranger. Jean-Marie Jegoux y vit depuis plusieurs décennies. Il a connu l’Irak, a travaillé à Abou Dhabi, mais c’est en Turquie que ce très actif sexagénaire fait aujourd’hui flotter au vent le pavillon de ses ambitions. Jean-Marie Jegoux, l’Orthézien, y incarne le développement fulgurant de l’industrie nautique dans le pays ces dix dernières années.

Comme souvent, tout commence par une rencontre. 1987, Istanbul. Jean-Marie participe au chantier d’installation du réseau de gaz de la ville. Un chantier de sept années mené tambour battant, pour installer un maillage équivalent à celui de Paris. C’est alors qu’il rencontre un fabricant turc de planches à voile et de petites unités jusqu’à 12 mètres, par l’intermédiaire du père de celui-ci, correspondant local dans l’entreprise qui emploie Jean-Marie Jegoux.

Ce premier contact ne sera pas décisif. Mais, en 1997, le Français acceptera finalement l’offre de partenariat que lui fera Orhan Celikkol. Au premier la gestion, au second le suivi technique.

Le chantier monte en puissance. Il franchit une très haute mar- che avec trois commandes de motoryachts de 29, 30 et 35 mètres.

« Nous étions alors à Tuzla (NDLR, près d’Istanbul) et avons décidé de changer d’implantation. Nous n’avions ni la place, ni l’outil pour nous développer », commente Jean-Marie Jegoux. Entre une demi-douzaine d’options, c’est au sud-ouest de la Turquie, à Antalya, qu’il installe son atelier de stratification. Il s’y trouve une zone franche qui accueille 30 entreprises du textile. Ned Ship sera la première activité nautique.

« Durant cinq ans, nous sommes restés les seuls de la filière. Aujourd’hui, le rapport s’est entièrement inversé : 40 sociétés nautiques, dont plus de la moitié ont été créées par nos anciens salariés ! »

Des bateaux sur mesure

L’année dernière, sur 2,2 ha, Ned Ship a produit trois bateaux de 33, 34 et 35 mètres; trois autres de 41, 42, 43 mètres cette année. Les clients sont allemands, autrichiens, suisses, de Dubai. Et la concurrence italienne se frotte à des coûts de production de 30 à 40 % inférieurs. « Nous construisons des jouets, détaille Jean-Marie Jegoux. Le client est pleinement associé à la construction de son yacht. Il vient régulièrement et, pour nous, c’est une pression permanente. Dans un chantier italien, le client fait son chèque, il est servi vingt-quatre mois plus tard. Nous, c’est trente-six mois, certes. Mais le client est venu vingt fois demander une modification et il a suivi tout le chantier. Nous faisons du surmesure. »

Jean-Marie Jegoux en convient, « organisation et coût de la main-d’oeuvre » permettent ce tour de force. « La législation sur l’emploi est très souple et le personnel est très mobile. À Tuzla, nous étions 200. Je ne voulais conserver que 50 personnes pour débuter à Antalya. Ils sont restés des mois et des mois devant l’usine, à boire du thé. Ils attendaient que je rembauche. Je les ai quasiment tous repris.»

Ned Ship compte aujourd’hui 360 personnes. Et la souplesse de ses organisations ne l’abrite pas de la crise qui traverse la filière depuis un an. « Fin 2008, notre carnet de commandes m’avait permis de faire un plan pour sept ans, à 35 millions de chiffre d’affaires annuel. Aujourd’hui, je serai content si j’atteins les 18 millions. Les commandes de bateaux sont signées, mais les clients ralentissent leurs plans de financement. Au printemps dernier, nous avons même vu disparaître deux d’entre eux. »

Que sont-ils devenus ? C’est comme l’accent béarnais de Jean-Marie Jegoux, nul ne peut le dire.

Le Turc Egemar partenaire du Rochelais Rhéa

Les plus grandes coques de la gamme Rhéa sont moulées sur un chantier proche d’Istanbul

Il y a moins loin de Tuzla à La Rochelle que de la coupe aux lèvres. Cette proximité, la filière nautique la doit à deux hommes. Karman Ege, le PDG d’Egemar Yachts, côté turc. Et Bertrand Danglade, son homologue rochelais de Rhéa Marine. Un distributeur italien les a mis en relation.

Karman cherchait à diversifier son activité. Bertrand à élargir sa gamme. Et c’est ainsi que le patron de Rhéa Marine a signé pour quatre modèles de bateaux de voyage, de 13 à 20 mètres. Un saut dans l’inconnu pour ce chantier dont le plus grand bateau produit à ce jour ne dépasse pas 9 mètres de longueur.

« Bertrand Danglade a opté pour notre chantier après en avoir repéré une vingtaine, évoque Karman Ege, patron d’une entreprise créée en 1982. Notre méthode de travail est similaire à la sienne. »

Un premier moule de coque

Sa collaboration avec Egemar lui fait poser pied sur un premier modèle de 13 mètres, avec montée en puissance à 14, 17 et 20 mètres. Des lignes Rhéa, ces trawlers hériteront des étraves rappelant celles des chalutiers, des coques bicolores et une élégance bien posée sur l’eau.

Au printemps dernier, Egemar réalisait le premier moule de coque. « Pour combien de bateaux avons-nous signé ? Il faut le lire dans une boule de cristal, élude Karman Ege. Ce que je peux vous dire, c’est que, pour nous, l’intérêt, c’est de travailler sur une série. La taille de notre chantier ne nous permet pas de réaliser plus de 25 bateaux par an, en comptant nos productions propres. »

La commande du Rochelais est arrivée chez Egemar alors que le chantier turc essuyait lui aussi la crise. Une baisse d’activité qui l’a contraint à réduire ses effectifs d’une centaine à 30 salariés. Si les délais sont tenus, ce trawler 43 devrait être visible dès le mois de décembre, au prochain Nautic, à Paris.

Commentaires»

1. Robert Kaptan - 23 février 2010

Tres bonne rédaction, , je suis surpris et content de connaitre ce site ..Français installé (comme Jean Marie Jegoux, que je connais bien) en Turquie depuis plusieurs années, je vis et travaille du nautisme (capitaine de yacht et expert maritime pour les assurances française)..ce pays est ma seconde patrie ..il faut le faire savoir , la désinformation à assez durée..


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