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Une Turquie impertinente 16 juillet 2009

Posted by Acturca in Art-Culture, Turkey / Turquie.
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L´Hebdo (Suisse), 16 juillet 2009, p. 57

Mireille Descombes

A Bienne, le Centre PasquArt présente quatorze créateurs turcs sous le titre « Seriously Ironic ». Tonique!

Originale, rafraîchissante, inventive, plurielle et pourtant cohérente, l’exposition Seriously Ironic fait du bien. Consacrée à la scène artistique turque contemporaine, regroupant quatorze artistes établis ou émergents, elle évite tous les pièges de la thématique nationale, trop souvent artificielle et pompeuse. D’âges et de pratiques très divers, les plasticiens réunis à Bienne ont réellement en commun certaines préoccupations et valeurs. Ils se rejoignent notamment dans leur aptitude à faire œuvre des objets quotidiens et des matériaux les plus simples, règles d’écolier, vêtements usagés, tampons encreurs ou même feuilles de papier vierges.

Performance décapante

Dans l’escalier, Guests 1 donne le ton avec son assemblée de chaussures à bouts coupés, sagement installées sur leurs marches, qui nous guettent et nous interrogent. D’une paradoxale élégance, cette installation de Sakir Gökcebag conduit avec humour devant la vidéoperformance Gravity de Nezaket Ekici. Sur l’écran, une jeune femme s’enveloppe avec soin la tête dans un foulard. Elle en met un, deux, quatre, dix, et ne s’arrête plus, explorant à chaque nouveau voile d’autres façons de le fixer. Le rituel dure vingt bonnes minutes et le spectateur craint par instants qu’elle ne s’étouffe ou ne se blesse avec les épingles qu’elle pique énergiquement dans les tissus. Un peu mal à l’aise, il se retrouve par ailleurs totalement fasciné par les multiples métamorphoses et les caractéristiques réellement esthétiques de cet «accessoire» si controversé.

Proche de la fable, la vidéo de Nezaket Ekici s’avère parfaitement emblématique de cette exposition. L’artiste – qui est établie en Allemagne – partage avec ses collègues son goût de l’engagement, son refus du dogmatisme, son souci d’habiter le monde jusque dans ses contradictions. Comme eux, elle place le corps et ses limites, ses exigences et sa négation, au cœur de sa pratique. Comme eux, elle est passionnée d’ouverture et préfère l’évocation poétique à l’univocité du slogan.

Bienne. Centre PasquArt. Jusqu’au 30 août, me-ve 14-18 h, sa-di 11-18 h.

Nezaket Ekici «Gravity», 2007, vidéoperformance, 21’10’’. Ou de l’art de mettre le(s) voile(s).

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