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Le continent perdu 1 juillet 2009

Posted by Acturca in Art-Culture, Turkey / Turquie.
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Cahiers du cinéma (France), n°647, Juillet-Août 2009, pp.X-XII
Supplément : Dynamique du cinéma turc

par Vincent Malausa

Avant de disparaître dans les années 1980, le cinéma d’exploitation turc a connu des heures de gloire dignes des grandes cinématographies populaires d’Italie, d’Inde ou de Hongkong. Avec une production dépassant les 300 films par an et un régime très protectionniste vis-à-vis des films étrangers, les années 1960-1970 ont laissé le champ libre à une myriade de séries Z plus délirantes les unes que les autres : mélos outrés, comédies navrantes, simili-James Bond, westerns anatoliens, films de science-fiction et de superhéros déjantés, tous les genres sont passés à la moulinette. Quelques authentiques stars (Cüneyt Arkın, Sadri Alışık…), des pin-up débridées et de (plus ou moins) solides faiseurs masquent comme ils peuvent des scripts et des budgets dont Ed Wood lui-même n’aurait probablement pas voulu.

Quatre fleurons de cette période de folie pop sont présentés au festival Paris Cinéma lien : Kilink in Istanbul, Kilink vs Superman, The Deathless Devil du grand Yılmaz Atadeniz et l’inouï Turkish Star Wars de Çetin Inanç. Les deux premiers sont l’occasion de découvrir l’anti-héros Kilink (cousin dégénéré du « Killing » des comics américains), sorte de Diabolik en costume de train fantôme (un squelette blanc peint sur un pyjama noir) capable de prendre l’apparence de ses victimes. Dans le même registre, The Deathless Devil est au croisement du film de SF (avec un Docteur Satan plâtreux et moustachu contrôlant des figurants déguisés en robots) et du film de catch mexicain (le héros aux allures de Santo, adepte du trampoline et des acrobaties complètement gratuites). Quant à Turkish Star Wars, c’est le chef-d’oeuvre d’une longue série de remakes très approximatifs des grands succès hollywoodiens (Star Trek, L’Exorciste, E. T.) livrés à l’enfer du nanar ottoman.

Le rythme trépidant du serial, la fantaisie en roue libre permettent de faire oublier la nullité caractérisée des projets. Les dérapages incontrôlés, le recours à une violence outrancière (l’ignoble Kilink saignant ses ennemis comme des cochons) et la musicalité pop et sexy de ces bandes de quelques lires saisissent toujours. Tout comme la zone de non-droit dans laquelle er re en toute insouciance ce cinéma-là : nombre de films reprennent musiques et séquences entières de leurs cousins hollywoodiens (évidentes contrefaçons de costumes de super-héros, stock shots de vieux James Bond, etc.), puisant dans une immense boîte à fantasmes où se mêlent influences hongkongaises (les séquences hilarantes d’entraînement aux arts martiaux de Turkish Star Wars), baroquisme à l’italienne, nationalisme turc et bouffées délirantes. Un monde entier à découvrir absolument – d’autant que nombre de copies, à l’instar de celle de Kilink vs Superman, amputée de plus de trente minutes, semblent déjà avoir été perdues à tout jamais.

Dans le cadre de Paris Cinéma

La Nuit des super-héros turcs

> Samedi 4 juillet de minuit au petit matin / Max Linder (9e) – 5 € la séance.
Paris CinéPass accepté.

Programme NUIT lien

• Également à découvrir en journée (entre le 5 et le 14 juillet).

Programme JOUR lien

KILINK IN ISTANBUL

THE DEATHLESS DEVIL

TURKISH STAR WARS

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