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La Turquie dans l’Union européenne 17 avril 2007

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Afkar/Idées (Espagne) num. 13 (printemps 2007), p. 3                    Español

La Turquie est méditerranéenne, elle se sent européenne et elle aspire à faire partie de la construction européenne. Nous signalons ici six arguments qui vont dans ce sens. Nous ne prétendons pas qu’ils soient les seuls. Mais ce sont des considérations pour avancer vers le consensus nécessaire.

 

Identité

Ce serait une démonstration d’insignifiance que de prétendre que l’incorporation de la Turquie menace l’identité européenne. Si 70 millions de turcs mettaient en question les principes de la Communauté, cela montrerait que les réussites depuis 1952 sont bien faibles. L’Europe a été construite sur les principes du droit, du commerce, de la défense et des institutions. Le droit face à la force. Il en est qui brandissent un concept confus, la turquéité. Il est difficile de parler de façon monolithique de l’identité turque ou de toute autre identité, mais pour de nombreux turcs l’européisme est une dimension clé de leur identité collective. La Turquie n’est pas synonyme de l’Empire ottoman, et la nation turque, telle qu’elle fut créée par Mustapha Kémal en 1923, est un voyage continu vers l’Europe qui espère se réaffirmer avec son incorporation à l’Union. Lorsque l’on parle de turquéité, il faut se souvenir de la position de Benoît XVI en décembre 2006 appuyant l’intégration de la Turquie dans l’Union européenne.

Pacta sunt servanda : la chancelière allemande a fait passé sa condition de présidente du Conseil européen avant les considérations de son parti. Nous devons remplir tous nos engagements, répétait-elle en janvier. L’initiation des négociations avec la Turquie est une des grandes conquêtes de l’Europe du XXIème siècle. Il reste encore des obstacles importants à surmonter, mais le processus continue. L’UE vérifiera si le pays répond aux critères de Copenhague. Les conditions économiques sont connues : liberté de circulation des personnes, des marchandises, des capitaux et des services… Acceptation, en somme, de l’acquis communautaire. A un certain moment, après la chute du Mur, l’UE fit un choix : elle ne pouvait pas laisser de côté l’Europe du centre et de l’Est. Une fois la Roumanie et la Bulgarie incorporées, on ne peut pas fermer la porte à la Turquie, une puissance démographique, économique et stratégique de premier ordre. La Turquie a besoin de l’intégration.

L’histoire et son poids sur le présent.

La Turquie n’est pas étrangère à l’histoire européenne. Elle est membre de l’OTAN depuis 1952. Nous avons là une nation charnière avec le monde musulman. Dans l’affrontement entre l’Islam fondamentaliste et l’Islam modernisateur, l’intégration de la Turquie dans l’UE est décisive.

Réformes

Ce n’est pas la Turquie archaïque, traditionnelle qui aspire à s’intégrer, mais celle qui se modernise. Les réformes sont en marche, avec l’engagement du gouvernement, entre autres, celle du code pénal. Depuis 2003, la dette turque est passée du 77 % au 66 %, et 61 % du commerce turc se fait avec l’UE. Cela contribue à composer une nouvelle image de la Turquie, observée dans l’UE et les pays arabes avec intérêt. La non intégration provoquerait un refus croissant envers l’Europe.

Laïcité de la Turquie

La laïcité n’est pas synonyme d’un état plaidant pour l’indifférence religieuse – pensée superficielle que l’on rencontre souvent. Un état moderne doit défendre un climat social reconnaissant à chaque croyance son droit à exister, dans le respect général. Mais l’état doit être laïc. C’est ce qu’a défendu le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, un croyant indéniable. Selon les paroles du ministre turc des Affaires religieuses, Mehmet Aydin, du parti islamiste, « la Turquie est un pays moderne, un pays laïc, et le laïcisme, tout autant que l’européisme, font partie de l’identité turque ».

Le processus de rapprochement entre la Turquie et l’UE peut aller plus vite. Cela serait utile pour tous. L’Europe est un creuset. D’Athènes jusqu’à Stockholm, les valeurs communautaires sont visibles. Le désir de se trouver en Europe – et la Turquie le détient – est dans ce creuset. L’Espagne, avec les trois derniers présidents du gouvernement, a défendu la cause turque. Un territoire large et critique, à travers lequel l’énergie – non seulement le gaz et le pétrole – a transité pendant des siècles.

Il ne faut pas oublier la transcendance qu’un projet commun, européen et turc, peut avoir pour la région méditerranéenne qui deviendrait ainsi un centre de gravité. Une plus grande implication de la Turquie et le dynamisme du Maghreb dans le contexte euroméditerranéen, augurent de changements positifs dans la région.

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