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La Turquie développe son vignoble 25 septembre 2006

Posted by Acturca in Art-Culture, Economy / Economie, France, Turkey / Turquie.
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La Tribune (France)

mercredi 20 septembre 2006, p. TR11

Le nombre de producteurs de vins a explosé depuis la privatisation, en 2003, de l’entreprise d’État qui contrôlait la production et la vente de boissons alcoolisées. La consommation reste faible (moins de 1 litre par personne et par an), mais elle augmente d’environ 10 % par an depuis 2000.

Irfan Erdem est l’un de ces « utopistes » turcs qui se sont lancés par dizaines dans la viticulture depuis la levée en 2003 du monopole étatique sur la production et la vente de boissons alcoolisées. Ce chirurgien plasticien installé à Diyarbakir, dans le sud-est du pays, rêvait depuis son enfance de produire du vin en Mésopotamie, une terre située entre le Tigre et l’Euphrate où il y a cinq mille ans la viticulture était l’une des activités les plus couramment pratiquées mais où aujourd’hui ne poussent que blé, lentilles et coton.

L’an dernier, Irfan Erdem, qui se qualifie de « missionnaire culturel », a importé de France 86.000 ceps de vignes, Syrah, Merlot et Cabernet. Son but, clairement affiché, est de reprendre le flambeau des chrétiens qui, durant des siècles, ont produit du vin dans la région.

À l’image d’Irfan Erdem, la Turquie redécouvre depuis quelques années son activité viticole. À l’époque de l’Empire ottoman, la production de vin était assurée par les populations chrétiennes, syriaques, arméniennes et grecques. « Avec la création de la république, en 1923, les échanges de populations et les événements arméniens, les vignobles ont été abandonnés et quelques musulmans ont pris la relève, aidés par l’État », explique Mehmet Yalçin, rédacteur en chef du magazine spécialisé Gusto. « Chaque village comptait quelques arpents de vigne. La viticulture turque est donc un phénomène récent, d’à peine 80 ans, qui vit une renaissance depuis les années 80 grâce à la demande des touristes étrangers et à l’ouverture du pays vers l’Occident. »

Marché verrouillé. La privatisation de l’entreprise d’État Tekel, qui contrôlait a production et la vente de boissons alcoolisées, a marqué un véritable tournant dans ce renouveau viticole. Privatisée en 2003 au profit du groupe turc Nurol Holding, la nouvelle entreprise, Mey Içki Sanayi ve Ticaret SA, est passée en mai dernier sous le contrôle de l’entreprise américaine Texas Pacific Group et garde une place prépondérante sur le marché (grâce notamment à la fabrication du raki, alcool anisé traditionnel).

Car si le nombre de producteurs a explosé depuis cette privatisation (on en ompte 80 actuellement), 90 % de la production totale de vin est entre les mains de quelques grands groupes dont Mey, Kavaklidere et Doluca. Ces deux dernières entreprises, installées respectivement près d’Ankara, au centre du pays, et à Tekirdag, près de la frontière grecque, sont nées dans les années 20, aidées par Mustafa Kemal, le fondateur de la République turque. Difficile dans ces conditions, pour les petits viticulteurs, de se faire une place sur le marché, d’autant que l’accès aux réseaux de distribution reste la chasse gardée de ces grands groupes.

Avec 70 millions de litres produits en 2005 et un taux de croissance de 13 % sur un an, le marché des vins turcs est toutefois en pleine expansion. Les régions de la mer Égée, d’Ankara et de la Thrace sont les premières bénéficiaires de cette renaissance dans un pays qui compte 520.000 hectares de vignes, dont 70.000 sont consacrés à la production de vin (le reste est dédié au raisin de table dont la Turquie est le 5e producteur mondial). L’est du pays est en revanche plus réticent à se lancer dans cette activité interdite par l’islam. À Diyarbakir, Irfan Erdem avoue ainsi rencontrer des difficultés à recruter des ouvriers agricoles malgré un très fort taux de chômage. « Les gens considèrent que c’est un péché de produire du vin et les imams ont relayé le message l’an dernier lors de la prière du vendredi. »

Si la religion freine assurément la croissance du marché des boissons alcoolisées, la Turquie, pays musulman laïc, dispose toutefois d’un fort potentiel de consommation. Hausse du pouvoir d’achat, occidentalisation des mœurs, forte urbanisation, la classe moyenne des grandes villes turques telles qu’Istanbul, Ankara et Izmir se laisse attirer par ce produit longtemps considéré comme luxueux.

Taxes élevées. « Les Turcs sont méditerranéens, ils aiment parler de cuisine et ont le potentiel pour devenir de bons consommateurs de vin. Ils ont le palais et apprennent très vite », explique Jean-Luc Colin, oenologue français, installé depuis quinze ans en Turquie. Quid en revanche des obstacles financiers. Le niveau de taxation sur les boissons alcoolisées, extrêmement élevé, a été relevé à trois reprises (+ 100 %) depuis l’arrivée au pouvoir en 2002 du Parti de la justice et du développement issu de la mouvance islamiste. Nombreux sont ceux qui tablent, à terme, sur une baisse de ces taxes et donc sur l’envolée du marché.

D’après Mehmet Yalçin, du magazine Gusto, la Turquie dispose de nombreux atouts, et notamment de terroirs variés. « Nous sommes sur la bonne voie pour produire des vins originaux de qualité, à partir de cépages locaux tels que Narince, Bogazkere et Oküzgözü. Mais cela prendra des décennies pour se défaire des habitudes industrielles prises par les viticulteurs turcs. » Jean-Luc Colin est, lui, plus optimiste et table sur dix ans seulement. « Avec la forte concurrence des vins étrangers, les Turcs cherchent à s’améliorer. Ils sont contraints de palisser leurs vignes, de faire appel à des spécialistes. D’ici à dix ans, ils seront prêts. Mais d’ici là, je leur conseille de se dépêcher de planter car, avec l’adhésion à l’Union européenne, des quotas seront mis en place et ils seront contraints d’arracher leurs vignes plantées en zones médiocres… à l’image de la France. »

Les vins français restent la référence

 » Le jour où les taxes baisseront le marché explosera, mais en attendant, nous sommes un peu frustrés.  » L’aveu provient du conseiller économique et commercial de la mission économique d’Istanbul, François Sporrer. Les échanges entre la France et la Turquie en matière de vins et de spiritueux sont en effet largement influencés par la forte taxation des boissons alcoolisées. Aux 50 % de droits de douanes réservés aux vins produits dans l’Union européenne, s’ajoutent en effet la TVA (18 %) et la taxe spéciale à la consommation (63,3 %).

Faire augmenter la consommation. La France tire néanmoins parti de la hausse de la demande turque observée ces dernières années. Selon les données fournies par les douanes françaises, les exportations vers la Turquie ont progressé de 77 % entre 2004 et 2005 (362.000 litres de vin ont été vendus l’an dernier) au profit des vins de Bordeaux (+ 129 % en volume sur un an), de Bourgogne (+ 122 %) tandis que les vins d’Alsace et du Beaujolais chutaient. Les productions turques peinent en revanche à pénétrer le marché français, avec 0,1 million de litres exportés vers l’Hexagone l’an dernier.  » Le défi est double pour la France, explique François Sporrer. Profiter de la très forte image des vins français en Turquie pour faire augmenter la consommation et s’impliquer dans le transfert de technologie et de savoir-faire.  »

Jean-Luc Colin est la référence française en la matière. Arrivé il y a quinze ans, il a travaillé en tant que consultant pour la société Kavaklidere, à Ankara, avant de se lancer seul et de créer il y a deux mois Vindrome, une société de conseil sur la vigne, le vin, la commercialisation et les ventes.  » Dans un pays qui n’a pas de culture du vin, il est nécessaire d’éduquer les consommateurs et les producteurs.  »

Cet oenologue aide ainsi les particuliers à créer leur vignoble et à se concentrer sur des vins de qualité.  » Nous voulons aussi former les garçons à devenir sommeliers, à créer la cave du restaurant, à la gérer, à préparer des menus en accord avec le chef. Cela va plaire au client « , assure-t-il. Sans parler des ventes de cépages et de matériel en tout genre dans lesquelles la France peut tirer son épingle du jeu.

Commentaires»

1. hock - 2 février 2009

bjr je desir recevoir une carte detailee du vignoble turc,les differents cepages ,je suis des cours de sommelerie et je doit faire un travail de fin d annee sur es vins turc pouvez-vous m envoyer de la docummentation a l adresse suivante
mr hock rue de la drina 12
5001 belgrade belgique

merci a vous

Richard - 7 février 2011

Bonjour Monsieur,
Je fais suite a votre message du 2 fevrier.
Avez vous trouver la carte detaillee du vignoble Turc que vous cherchiez?
Je suis actuelement dans la meme situation a la recherche d’une carte detaillee.
Merci beaucoup de votre aide, mon email est richard@rftfineart.com
A bientot
Richard

2. Mlle Bertran - 9 décembre 2007

bonjour, pourriez vous me transmettre les coordonnées de Monsieur François Sporrer ôù toute source locale que je pourrai soliciter en effet je dois réaliser une étude sur le potentiel offert par ce marché pour les vins français . merci davance pour votre réponse

3. emily - 3 décembre 2007

Bonjour,

Je suis étudiante et j’aurais aimé savoir le nom des producteurs de vin et plus précisemment spécialisés dans la méthode de viticulture champenoise.

J’ai déjà essayé sur europages mais les résultats ne sont pas très intéressants.

Merci d’avance pour votre réponse,

A bientôt,

Emily

4. sera - 12 novembre 2006

jour de deguatation sur istqanbul……

5. sera - 12 novembre 2006

bonjour

je vous contacte d istanbul

souhaiterai avoir les dates des jours de degustations si c est possible

j ai une grande passion pour les vins et aimerais en savoir plus

espere avoir une reponse vite

au plaisir de vous lire

merci

SERA


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