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Indépendant, le Monténégro devient un nouveau candidat potentiel à l’UE 24 mai 2006

Posted by Acturca in EU / UE, South East Europe / Europe du Sud-Est.
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Les Echos (France) no. 19672, mardi 23 mai 2006, p. 7

Yves Bourdillon

Le Monténégro a choisi, dimanche par référendum, de se séparer de la Serbie. Ce 42e Etat européen, qui a d’ores et déjà adopté l’euro alors qu’il ne fait pas partie de l’Union, pourrait rapidement frapper à la porte des Vingt-Cinq.

Il s’en est fallu de peu : à peine 0,5 % de suffrages. Les Monténégrins ont fait, dimanche, à une majorité de 55,5 %, le choix de l’indépendance. Les Vingt-Cinq, qui avaient exigé un vote à au moins 55 %, vont devoir nouer des relations avec un nouvel Etat européen, le 42e. Un petit pays peuplé de seulement 650.000 habitants et au PNB ne dépassant pas 1,5 milliard de dollars, qui entend bien adhérer à l’Union européenne dès que possible. Le Premier ministre, Milo Djukanovic, a d’ailleurs déclaré, hier, que la pleine intégration de son pays à l’Union européenne et à l’Otan est « la priorité stratégique et nationale » via les négociations avec Bruxelles sur un « accord de stabilisation et d’association ».

Disparaît ainsi le dernier vestige de la Yougoslavie, démembrée par trois guerres lors de l’indépendance dans les années 1990 de la Slovénie, de la Croatie et de la Bosnie. La première est membre de l’Union depuis deux ans, la deuxième va le devenir d’ici à quatre ou cinq ans, et la troisième aspire aussi à adhérer, bien que son économie soit toujours ravagée par la corruption et par les difficultés de la réconciliation entre Bosniaques musulmans et serbes.

Avec ou sans adhésion à l’Union, l’intégration du Monténégro au grand marché européen ne devrait cependant pas poser de problèmes insurmontables. En effet, par sa taille, équivalente à celle d’un département français, le Monténégro, tout comme Malte avant lui, ne constitue aucun danger en termes de concurrence ni d’enjeu lourd en termes d’assistance internationale.

Transferts incontrôlés

En outre, le pays a déjà largement anticipé son indépendance, puisqu’il dispose de son propre service de douanes, distinct de celui de la Serbie, et, cas unique au monde, a d’ores et déjà adopté l’euro, alors qu’il ne fait pas partie de l’Union. Seul bémol, l’Union européenne sera sans doute vigilante sur les risques de contrebande représentés par la naissance d’un nouvel Etat dans une région connue pour ses transferts incontrôlés de cigarettes, de migrants ou de voitures volées.

Ultime paradoxe de ce référendum, voilà qu’un nouvel Etat s’apprête à frapper à la porte de l’Union, aux côtés de la Macédoine, de l’Ukraine et de la Turquie, sans oublier, de manière moins officielle, l’Albanie, la Serbie, la Moldavie ou la Bosnie, au moment même où les citoyens des Vingt-Cinq manifestent une certaine désillusion à son égard, comme l’a illustré l’an dernier le rejet par les électeurs français et néerlandais de la Constitution européenne. Comme si l’Union européenne demeurait bien plus attirante pour ceux qui n’y ont pas encore goûté que pour ceux qui en profitent depuis un demi-siècle.

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