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Les échanges s’intensifient entre la Grèce et la Turquie 10 avril 2006

Posted by Acturca in Economy / Economie, South East Europe / Europe du Sud-Est, Turkey / Turquie.
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Le Figaro (France) no. 19185, samedi 8 avril 2006, p. 23                           Türkçe
Le Figaro Économie

Jeanne Lhoste

Les affaires vont plus vite que la diplomatie. Le volume d’échanges commerciaux entre les deux pays, historiquement rivaux, a été multiplié par dix en cinq ans.

ETHNIKI BANK, FINANSBANK

L’ALLIANCE fera date. En début de semaine, la banque nationale de Grèce (Ethniki Bank) a racheté 46 % de la banque turque Finansbank. En mettant 2,3 milliards d’euros sur la table, les Grecs ont remporté la mise devant Citigroup, pourtant donné favori. En juin, la majorité du capital de la huitième banque turque passera sous le contrôle de l’Ethniki Bank qui effectue ainsi une entrée de plain-pied dans un secteur bancaire très convoité. Mais cet investissement, le plus important réalisé par un groupe étranger, représente également une première entre les deux pays. « C’est un accord historique qui va renforcer la coopération entre les hommes d’affaires gréco-turcs, pour lesquels s’ouvrent
tant d’opportunités dans le tourisme, la marine marchande, l’industrie », a déclaré Husnu Ozyegin, président de la Finansbank. En visite jeudi à Athènes pour l’inauguration de boutiques de mode de marques turques dans un grand
centre commercial, le ministre chargé du Commerce extérieur, Kursad Tuzmen, a salué cet « accord qui va donner de l’élan aux relations entre nos deux pays (…) et nous accueillons avec entrain ces investissements qui annoncent un avenir encore plus prometteur ».

La normalisation des relations diplomatiques entre les deux ennemis historiques qui ont miné leur frontière commune, le long du fleuve Evros, a débuté en 1999. Depuis, les échanges commerciaux ont fait un bond en avant, multipliés par dix en cinq ans. Fin 1999, ils « atteignaient 200 millions de dollars (163,4 millions d’euros) tandis qu’en 2005 ils se sont élevés à 2,1 milliards de dollars (1,7 milliard d’euros) », selon Panayotis Koutsikos, le président de la Chambre de commerce gréco-turque. Une centaine de sociétés grecques sont désormais présentes en Turquie, essentiellement dans les secteurs
agro-alimentaire, minier, de la construction et de l’emballage. De l’autre côté, les compagnies turques sont une petite cinquantaine. « Les accords de Schengen limitaient l’installation de nos compatriotes, explique-t-on au Conseil des relations économiques extérieures (DEIK). Mais le Parlement grec vient de voter une loi pour remédier à ce problème. »

Une banque gréco-turque

L’annonce cette semaine de l’ouverture en juin d’une banque (détenue à 65 % par les Grecs et 35 % par les Turcs) spécialisée dans les investissements dans les deux pays confirme le potentiel économique. La joint-venture, basée à Athènes mais qui prévoit d’ouvrir des antennes en Turquie, a déjà reçu 320 demandes d’emprunts. L’établissement s’appelle La Banque égéenne d’affaires (Business Aegan Bank) : un nom hautement symbolique alors que le partage des eaux territoriales en mer Egée a longtemps fait figure de casus belli .

« Les mentalités ont changé, confirme Selim Egeli, président du groupe turco-grec du DEIK. Non seulement nous avons découvert que nous ne nous haïssions pas, mais en plus que nous nous ressemblions. » Signe de cette confiance retrouvée de part et d’autre de la mer Egée, les deux pays ambitionnent de devenir un carrefour énergétique entre le Caucase et l’Europe du Sud : dans quelques mois, un gazoduc transfrontalier entrera en service.

Grecs et Turcs s’allient et partent à la conquête des marchés étrangers : une joint-venture binationale participe ainsi à un appel d’offre de deux milliards de dollars pour un projet touristique dans l’émirat d’Oman. D’autres
partenariats sont en cours pour décrocher les marchés de l’eau ou de l’électricité privatisés dans les pays des Balkans et de la mer Noire… Les
affaires vont plus vite que la diplomatie. « La question chypriote et le problème de la mer Egée freinent encore l’explosion des investissements,
souligne Selim Egeli. Mais les liens économiques tissés empêcheront désormais tout retour en arrière politique. »

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