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La France en tête de Turc 21 décembre 2011

Posted by Acturca - Actuality ala turca in France, History / Histoire, Turkey / Turquie.
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Sud Ouest (France) Mercredi 21 décembre 2011, p. Périgueux-C1_4

Bruno Dive

Les députés qui examinent demain une proposition de loi visant à réprimer la négation des génocides auraient mieux fait de partir en vacances un jour plus tôt. Bien sûr, c’est mal de nier l’existence des génocides, mais il existe déjà une loi pour les extrémistes qui contestent l’existence des chambres à gaz et de la Shoah. Il en existe une autre qui reconnaît le massacre des Arméniens par les Turcs en 1915 comme un génocide. Faut-il continuer à légiférer ? Car le texte en discussion demain concerne avant tout le génocide arménien. Il émane d’une députée UMP, mais Nicolas Sarkozy en avait promis la discussion lors de sa visite à Erevan début octobre, et le gouvernement en a autorisé l’inscription à l’ordre du jour, au grand dam d’Alain Juppé, qui en perçoit toutes les conséquences néfastes. On avait pourtant cru comprendre que le président voulait en finir avec l’accumulation de ces lois mémorielles.

Au nom de l’Histoire, on risque de se priver ainsi d’une clé pour explorer l’avenir

Que le Parlement avait autre chose à faire que d’entasser les textes qui légifèrent non sur le futur, mais à propos du passé. Mais les élections approchent, la communauté arménienne est l’une des plus importantes de France, et une rude concurrence s’est installée entre la majorité sénatoriale, de gauche, et l’Assemblée, de droite, pour savoir qui dégainera son texte le premier et s’attirera ainsi les bonnes grâces supposées des électeurs d’origine arménienne. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, et, pour des motifs avant tout électoraux, la France risque d’ouvrir une grave crise avec la Turquie. Très sourcilleux sur tout ce qui concerne le génocide arménien (qu’il refuse de reconnaître), Ankara menace en effet notre pays de représailles : rétorsion contre les entreprises installées en Turquie, fermeture des marchés de ce pays aux produits français, voire suspension des relations diplomatiques. Réactions sans doute disproportionnées et difficilement compréhensibles. Mais le jeu d’une simple loi, certes honorable, vaut-il la chandelle d’une rupture avec un État qui monte en puissance ? On a déjà refusé de fait à la Turquie son entrée dans l’Union européenne, ce qui paraît logique d’un point de vue géographique. Mais ce pays de 70 millions d’habitants, en pleine croissance économique, joue un rôle de plus en plus actif au Proche-Orient, et l’on pourrait avoir besoin de lui pour sortir de la crise syrienne. Au nom de l’Histoire, on risque de se priver ainsi d’une clé pour explorer l’avenir.

Au nom de l’Histoire, on risque de se priver ainsi d’une clé pour explorer l’avenir

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